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Poli-Jeunes: Opération Engagement Jeunesse

Écrit en collaboration par Sibora Dibra et Valentina Lipmann

« Soyez celles que vous êtes, telles que vous l’êtes. On a besoin de ça en politique – on vous attend », déclare Manon Massé, députée à l’Assemblée nationale du Québec et porte-parole de Québec Solidaire, lors de l’événement La Politique au Féminin organisé par Poli-Jeunes. 

Cet évènement, le plus ambitieux de l’organisation à ce jour, a réuni trois femmes influentes de la scène politique québécoise– Manon Massé, Ericka Alneus et Louise Harel– le 3 mars 2026 à l’Édifice Hélène-Desmarais de HEC Montréal. 

L’idée de créer Poli-Jeunes, une organisation à but non lucratif (OBNL) visant à éduquer et à sensibiliser une jeunesse dont les connaissances en politique sont en déclin presque inexorable, est née d’une rencontre imprévue. Rami El Hama et Noah Faour-Charpentier, les deux fondateurs, se sont rencontrés en septembre 2023 lors d’un vox pop organisé en marge de l’école d’été de l’Institut du Nouveau Monde (INM), en collaboration avec Élections Montréal. 

C’est suite à une volonté commune de s’impliquer davantage dans la scène politique que l’initiative a pris vie. Tous deux, Rami et Noah, ont été invités à intégrer un programme tremplin à l’INM, qui leur a permis de bâtir un projet tout en bénéficiant d’un soutien logistique et organisationnel, leur procurant de l’aide, des opportunités et des formations dans le domaine.

« Dans l’escalier de la maison du développement durable, on a commencé à brainstormer des idées sur ce qu’on pouvait faire. Au final, ça a commencé comme ça », dit Rami. 

De cette discussion est née Poli-Jeunes: un espace créé par des jeunes et pour des jeunes, cherchant non seulement à instruire une certaine tranche d’âge, mais également à rassembler différentes perspectives sur divers enjeux sociétaux. C’est d’ailleurs pourquoi l’organisation se veut transpartisane, c’est-à-dire qu’elle ne s’associe à aucun parti politique en particulier, valorisant plutôt l’implication de plusieurs points de vue différents et tout aussi importants.

« À Poli-Jeunes, notre but est de, oui, redonner des outils à la jeunesse, mais l’angle transpartisan est vraiment important », insiste Noah. 

Contrairement au non-partisanisme qui favorise l’absence d’idéologies au sein d’une organisation, l’approche transpartisane accueille à bras ouverts des gens de tous partis confondus– par exemple, dans une même salle, on pourrait retrouver un solidaire, un caquiste et un libéral. 

En dialoguant lors des évènements tenus par Poli-Jeunes, des personnes avec des jugements divergents retissent des liens et, par-dessus tout, s’écoutent.

 « On va valoriser ces différentes perspectives-là – ces différentes trajectoires, ces différentes manières d’approcher les enjeux sociétaux – puis ça va faire notre colonne vertébrale », ajoute-t-il.

L’évènement du 3 mars était, sans aucun doute, une réussite sur ce plan: plus de 150 jeunes étaient réunis dans une salle, prêtant une oreille attentive aux propos des trois panélistes choisies soigneusement par Léa Lacroix, vice-présidente du conseil d’administration de Poli-Jeunes et organisatrice de Politique au Féminin. Suite à un évènement antérieur intitulé Ensemble pour le Québec de Demain ayant  mis en vedette quatre hommes, Léa a décidé de prendre les choses en main pour créer un espace fidèle à la réalité politique québécoise. 

Épaulée de près par les fondateurs, Léa a travaillé près de six mois sur la préparation de la conférence, veillant à mettre en premier plan l’importance des femmes en politique.

«On n’imaginait pas faire l’évènement Politique au Féminin par les hommes, pour les femmes – on voulait vraiment les intégrer dans ce processus-là », affirme Rami. 

Au-delà de cette occasion, le bon fonctionnement de Poli-Jeunes repose grandement sur la collaboration entre ses membres, particulièrement entre les deux fondateurs. Ils dédient environ quatre à cinq heures par semaine à l’organisation – sans compter les heures de travail supplémentaires à l’approche d’un grand évènement. 

Étudiants et déjà sérieusement impliqués dans la scène politique, Rami et Noah apprennent, grâce à Poli-Jeunes, à jongler entre cours, obligations et responsabilités. C’est néanmoins leur ambition et leur désir de voir une jeunesse engagée qui leur permet de continuer à avancer et à se dépasser.

« Quand j’ai voulu m’impliquer en politique, on ne m’a rien expliqué – j’avais aucune idée des moyens qui m’aideraient, […] j’ai eu beaucoup de difficulté », explique Noah, engagé depuis longtemps dans la politique partisane. S’impliquant au Parti libéral du Québec (PLQ) depuis trois ans, il siège également à l’exécutif depuis maintenant deux ans– une expérience qui lui a notamment permis de constater le déficit d’engagement politique de la jeunesse québécoise. 

Quant à Rami, son engagement dans l’organisation découle de sa curiosité et de son intérêt, plutôt que d’une implication distincte dans la politique partisane. Terminant actuellement son baccalauréat en droit, l’expérience acquise avec Poli-Jeunes l’a aidé à mieux affiner sa compréhension dans son domaine d’étude, puisque « l’adoption d’une loi, c’est un processus politique à la fin des choses. »

Ils ne comptent toutefois pas diriger cette organisation toutes leurs vies, ayant tous deux des trajectoires professionnelles tracées. Ils travaillent cependant sans repos pour bâtir une base organisationnelle et financière solide afin d’éventuellement léguer Poli-Jeunes à la prochaine génération de jeunes passionnés. 

“On aura toujours un lien avec Poli-Jeunes, mais on a envie que ça nous survive,” termine Rami.

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